La révolution est en marche en Hongrie !
La Constitution, dans un pays républicain, protège les droits fondamentaux des citoyens et régule la vie politique. Elle est le garant de la liberté de chacun, par exemple dans le cadre de la santé, mais aussi en défendant le pluralisme des courants d'expression, la continuité des services publics, le maintien de l'ordre public et l’assure enfin d’une justice équitable et libre. En deux mots, la Constitution, pour une République, serait une sorte de mère protégeant ses petits, pour les éduquer et leur offrir des droits égaux dont ils devront alors à leur tour devenir les garants.
Ce préalable est un incontournable pour tout pays désirant intégrer l'Union Européenne. Ce fut chose faite pour la République de Hongrie qui fut ainsi acceptée en 2004, et dont on pouvait souligner un certain équilibre politique porté par une constitution consensuelle, certes, mais permettant au libéralisme, plus minoritaire, d'être un vrai contre-pouvoir face à un parti majoritaire plutôt conservateur.
La Constitution hongroise pouvait donc donner le sein à ces deux petits en les nourrissant équitablement. Enfin, ça, c'était avant le 1er janvier 2012, avant de se transformer en Médée, dévorant l'un des deux petits, peut-être le plus faible, mais celui qui portait en lui l'espérance de la justice et du droit pour tous.
Et oui, la révolution est en marche en Hongrie ! mais ce ne sera ni un printemps, ni encore moins un été, plutôt un jour comme aujourd'hui, gris, pluvieux, malmené de bourrasques écrasant les fragiles parterres et dépouillant ce qui restait de feuillu aux arbres couchés. Un jour où l’on oublie qu’il peut faire beau à nouveau.
La République de Hongrie vient de déposer les armes, en commençant par se sabrer un bras, effaçant de sa Constitution la dénomination même de République. Détail pour certains, symbole pour d’autres, la Hongrie tourne le dos à la démocratie.
Depuis le 1er janvier 2012, de nouvelles lois constitutionnelles entrent en vigueur par le fait d’un seul parti, l’ultra conservateur Fidesz, dont le chef de file, Viktor Orban, se trouve être également Premier Ministre au sein du gouvernement.
Les libertés sont remises en cause, l’avortement stigmatisé en déclarant l’embryon, être humain, dès le début de la grossesse et le mariage solidement encadré aux seuls couples hétérosexuels. Verrouillées les institutions, verrouillée la justice, et pire que tout, les cartes électorales ont été modifiées afin d’empêcher à l’avenir le parti démocrate d’atteindre jamais la majorité des deux tiers de députés, majorité permettant elle seule de modifier à nouveau la Constitution.
C’est désormais une épine pour l’Europe qui, bien impuissante, ne peut que soit chasser ce pays de son giron, prenant le risque alors d’abandonner tout un peuple à une dictature émergente, soit accepter ces changements et ainsi, les valider.
Un dernier ajout a été effectué au texte constitutionnel, la mention suivante : « Que Dieu bénisse les Hongrois. »
Oui… que Dieu bénisse les Hongrois…
... Hongrie, limitrophe de l’Autriche, capitale Budapest, patrie de Franz Liszt et Joseph Pulitzer...